Site internet piraté, que faire ? Suivez sept étapes : isolez le site, gardez les preuves, changez les accès, évaluez les données exposées, portez plainte, nettoyez, puis faites lever l’alerte Google. Deux délais de 72 heures : notifier la CNIL, si possible, en cas de risque pour les droits et libertés des personnes ; porter plainte, pour être indemnisé par l’assurance.
Mis à jour le 19 octobre 2026 — par Maxime Ferrero, fondateur de Saperlipopette Studio
Un site piraté est une urgence : les gestes des premières heures protègent vos visiteurs, préservent les preuves et évitent que le pirate revienne par la même porte.
À quels signes reconnaît-on un site hacké ?
Un site hacké se trahit par un changement que vous n’avez pas fait. Les signes les plus courants :
- la page d’accueil affiche un message, une image ou un simple « hacked » à la place de vos contenus : c’est une défiguration ;
- le site redirige vers un autre site (jeux d’argent, fausse boutique), parfois seulement sur téléphone ou pour les visiteurs venus de Google ;
- Google ou votre navigateur affiche une alerte « site dangereux » ou « site trompeur » avant d’ouvrir vos pages ;
- en tapant « site: » suivi de votre adresse dans Google, des pages en langue étrangère ou des produits inconnus apparaissent ;
- un compte administrateur inconnu apparaît, ou votre mot de passe ne fonctionne plus ;
- vos courriels finissent en indésirables, ou votre hébergement signale un envoi massif de messages.
Selon le classement publié en mai 2026 par Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de compte était en 2025 le premier motif de demande d’aide des entreprises et associations (21 % des parcours d’assistance), devant l’hameçonnage (16 %) ; le piratage informatique en représentait 6 %.
Site internet piraté : que faire, et dans quel ordre ?
Suivez sept étapes, dans cet ordre : isoler, prouver, reprendre les accès, évaluer, porter plainte, nettoyer, rouvrir.
| Étape | Ce que vous faites | Quand |
|---|---|---|
| 1. Isoler le site | Site hors ligne ou en page de maintenance, prestataire d’hébergement prévenu | Immédiatement |
| 2. Conserver les preuves | Captures d’écran datées, journaux de connexion, copie complète du site piraté | Avant toute modification |
| 3. Reprendre la main sur les accès | Nouveaux mots de passe depuis un appareil sain, comptes inconnus supprimés, double authentification | Dans la foulée |
| 4. Évaluer les données touchées | Informations personnelles exposées, notification à la CNIL si besoin | Si possible sous 72 heures |
| 5. Porter plainte | Commissariat, gendarmerie ou courrier au procureur de la République | Au plus tard 72 heures après la connaissance de l’attaque (condition pour être indemnisé par votre assurance) |
| 6. Trouver la faille et nettoyer | Sauvegarde saine ou nettoyage, faille corrigée | Avant toute remise en ligne |
| 7. Rouvrir et prévenir Google | Vérification, demande d’examen à Google, surveillance | Après le nettoyage complet |
Cet ordre reprend l’esprit de la fiche réflexe « Défiguration de site Internet, que faire ? » de Cybermalveillance.gouv.fr, mise à jour le 10 juillet 2026. Règle d’or : ne rien effacer avant d’avoir gardé les preuves, ne rien remettre en ligne avant d’avoir corrigé la faille. Vous pouvez lancer les trois premiers gestes vous-même, avec l’aide de votre prestataire d’hébergement pour la copie et les journaux.
Étape 1 : isoler le site
Coupez l’accès public : un site qui redirige vers une fausse boutique fait des victimes à chaque visite, sous votre nom. Demandez à votre prestataire d’hébergement de suspendre le site ou d’afficher une page de maintenance.
Étape 2 : conserver les preuves
Avant de toucher à quoi que ce soit, gardez des traces : captures d’écran, date et heure de la découverte, journaux de connexion demandés à votre prestataire, copie complète du site dans son état piraté. Ces éléments servent à la plainte et révèlent par où le pirate est entré. Si vous êtes assuré contre les risques numériques, prévenez votre assureur sans attendre : la loi impose de porter plainte sous 72 heures pour être indemnisé.
Étape 3 : reprendre la main sur les accès
Depuis un appareil sain, changez tous les mots de passe liés au site : administration, espace d’hébergement, accès aux fichiers, messagerie, compte du nom de domaine. Supprimez les comptes inconnus et activez la double authentification, c’est-à-dire un code reçu sur votre téléphone en plus du mot de passe. Vous referez ce changement une fois la faille corrigée, comme le demande la fiche officielle.
Faut-il prévenir la CNIL, vos clients et la police ?
Oui pour la CNIL si des données personnelles ont pu être exposées avec un risque pour les personnes, oui pour vos clients si ce risque est élevé, et oui pour la police : la plainte sous 72 heures conditionne l’indemnisation par l’assurance.
Étape 4 : évaluer les données touchées et notifier la CNIL
Un piratage devient une violation de données personnelles dès que des informations sur des personnes ont pu être perdues, modifiées ou consultées : formulaire de contact, comptes clients, commandes. Le RGPD, le règlement européen qui protège ces informations, s’applique alors. Sur sa page dédiée à la notification des violations, la CNIL précise que la notification doit lui parvenir dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, dès que l’incident présente un risque pour les droits et libertés des personnes.
- Informations incomplètes ? Notifiez en deux temps : initial, puis complémentaire.
- Délai dépassé ? Notifiez quand même, en expliquant le retard.
- Documentez toujours l’incident en interne : nature, nombre approximatif de personnes concernées, conséquences, mesures prises.
Si le risque est élevé (mots de passe, coordonnées bancaires ou santé, par exemple), prévenez aussi les personnes concernées. Dans le doute, la CNIL conseille de notifier, puis vous dit s’il faut informer vos clients. Pour le reste, relisez ce qu’il faut savoir sur le RGPD pour une TPE ou une association.
Étape 5 : porter plainte sous 72 heures
Déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République, de préférence en recommandé avec accusé de réception, avec vos preuves. Depuis le 24 avril 2023, l’article L. 12-10-1 du code des assurances, issu de la loi LOPMI (loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur), subordonne l’indemnisation d’un professionnel victime d’une cyberattaque à une plainte déposée au plus tard 72 heures après la connaissance de l’attaque.
La FAQ de la DG Trésor, mise à jour en août 2026, cite le défaçage, la modification non sollicitée d’un site. Le délai n’est jamais prolongé, la plainte en ligne n’existe que pour certaines infractions, et la notification à la CNIL reste une démarche distincte. 17Cyber, le service en ligne de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de Cybermalveillance.gouv.fr, vous aide à qualifier l’attaque, mais 17Cyber ne remplace pas la plainte.
Comment nettoyer un site piraté sans tout casser ?
Réparer un site piraté, c’est retirer ce que le pirate a ajouté, corriger la faille et vérifier qu’aucun accès caché laissé par le pirate ne reste ouvert.
Étape 6 : trouver la faille et choisir la bonne méthode
La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr cite les portes d’entrée classiques : un mot de passe faible ou laissé par défaut, une mauvaise configuration, une faille de sécurité non corrigée. Tant que la faille reste ouverte, le pirate peut revenir par le même chemin.
| Méthode | Quand la choisir | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Restaurer une sauvegarde saine | Une sauvegarde antérieure à l’attaque existe | Dater l’intrusion : une sauvegarde postérieure est infectée ; les contenus récents sont perdus |
| Nettoyer fichier par fichier | Pas de sauvegarde fiable, ou contenus récents à garder | Plus long : un seul fichier oublié suffit à rouvrir la porte |
| Reconstruire sur une base neuve | Site trop ancien pour être remis à jour | Plus lourd, mais l’occasion de repartir sain |
Dans tous les cas, mettez tout à jour, supprimez l’inutile et changez à nouveau les accès avant la remise en ligne. Si personne ne suit votre site au quotidien, voyez le rôle d’un webmaster dans le Puy-de-Dôme et comment bien le choisir.
Comment faire disparaître l’alerte « site dangereux » de Google ?
L’alerte disparaît quand Google a vérifié que votre site est propre, et c’est à vous de lui demander cet examen.
Étape 7 : rouvrir le site et demander l’examen
Google Search Console, l’outil de Google qui permet au propriétaire d’un site de suivre sa présence dans les résultats, signale dans son rapport « Problèmes de sécurité » le contenu piraté, les logiciels malveillants et les pages trompeuses. Cliquez ensuite sur « Demander un examen » en décrivant les corrections. Selon l’aide officielle de la Search Console sur le rapport « Problèmes de sécurité », consultée en octobre 2026, la plupart des examens prennent plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Ne demandez l’examen qu’une fois tout le site corrigé : selon Google, une demande envoyée trop tôt ralentit l’examen suivant et peut faire classer le site comme récidiviste. N’en envoyez pas d’autre tant que l’examen en cours n’a pas abouti. Tant que l’alerte s’affiche, vos efforts de référencement naturel pour être trouvé sur Google sont freinés. Ensuite, surveillez de près : nouveaux comptes, fichiers modifiés, pages inconnues.
Que mettre en place pour que cela ne recommence pas ?
Un nouveau piratage s’évite par la régularité. La fiche « Comment sécuriser son site Internet ? » de Cybermalveillance.gouv.fr, mise à jour en mai 2026, tient en quelques gestes :
- installer les mises à jour de sécurité dès leur sortie, automatiquement si possible ;
- utiliser un mot de passe long et unique par accès, avec la double authentification ;
- sauvegarder régulièrement, garder les copies à l’écart du site et tester leur restauration ;
- donner à chacun un compte individuel aux seuls droits utiles, et supprimer modules et comptes inutiles ;
- protéger votre nom de domaine et le renouveler à temps ;
- surveiller l’activité du site chaque jour pour repérer un changement inhabituel.
C’est le rôle d’une maintenance régulière : quelqu’un s’occupe de ces gestes à votre place et sait quoi faire le jour où un problème survient. Avec moi, le nom de domaine, les contenus et le code restent à vous, et tout est documenté et sauvegardé : en cas de crise, personne ne perd une heure à chercher les accès.
Que retenir si votre site internet est piraté ?
Retenez l’ordre : isoler, prouver, reprendre les accès, évaluer, porter plainte, nettoyer, rouvrir. Face à un site internet piraté, la priorité ne se discute pas : protéger vos visiteurs et garder les preuves. Notez deux délais de 72 heures : la CNIL, dans les meilleurs délais et si possible sous 72 heures dès qu’il existe un risque pour les droits et libertés des personnes ; la plainte, au plus tard 72 heures après la connaissance de l’attaque, pour être indemnisé, et appuyez-vous sur 17Cyber ou Cybermalveillance.gouv.fr pour savoir que faire et être orienté.
Pour faire le point sur la sécurité de votre site, découvrez ma maintenance de site internet ou demandez-moi un rappel : le premier échange est offert.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon site a été piraté ?
Fiez-vous aux changements que vous n’avez pas faits. Un site piraté affiche souvent des pages inconnues, redirige vos visiteurs vers un autre site ou déclenche l’alerte « site dangereux » de Google. Tapez « site: » suivi de votre adresse dans Google : des pages en langue étrangère ou des produits que vous ne vendez pas sont un signal fort. Un compte administrateur inconnu aussi.
Faut-il prévenir ses clients ou la CNIL ?
Oui, si des données personnelles ont pu être lues, copiées ou effacées. La CNIL demande une notification dans les meilleurs délais, si possible dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, dès qu’il existe un risque pour les droits et libertés des personnes. Si ce risque est élevé, vous devez aussi prévenir les personnes concernées. En cas de doute, notifiez : la CNIL vous dira s’il faut informer vos clients.
Peut-on récupérer un site piraté sans tout refaire ?
Oui, dans bien des cas. Si une sauvegarde saine, antérieure à l’attaque, existe, on la restaure, puis on corrige la faille et on change tous les accès. Sans sauvegarde fiable, on nettoie fichier par fichier, ce qui demande plus de temps. Une reconstruction complète ne s’impose que si le site est trop ancien pour être remis à jour en sécurité.
Comment éviter un nouveau piratage ?
Comptez sur quelques habitudes régulières. Installez les mises à jour de sécurité dès leur sortie, utilisez un mot de passe long et unique par accès avec la double authentification, gardez des sauvegardes testées à l’écart du site et limitez les droits de chaque utilisateur. Cybermalveillance.gouv.fr recommande aussi de surveiller l’activité du site chaque jour pour repérer tout changement inhabituel.
Sources
- CNIL, « Notifier une violation de données personnelles », page publiée le 24 mai 2018, consulté le 19 octobre 2026.
- Légifrance, « Article L12-10-1 du code des assurances », version en vigueur depuis le 24 avril 2023, consulté le 19 octobre 2026.
- Direction générale du Trésor, « FAQ sur l’obligation de dépôt de plainte en cas de cyberattaque (article L. 12-10-1 du code des assurances) », document modifié le 18 août 2026, consulté le 19 octobre 2026.
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Défiguration de site Internet, que faire ? », fiche réflexe mise à jour le 10 juillet 2026, consulté le 19 octobre 2026.
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Quelles sont les principales cybermalveillances visant les professionnels en 2025 ? », publié le 6 mai 2026, mis à jour le 2 juin 2026, consulté le 19 octobre 2026.
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Comment sécuriser son site Internet ? », mis à jour le 6 mai 2026, consulté le 19 octobre 2026.
- Police nationale, Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr, « 17Cyber », consulté le 19 octobre 2026.
- Google, Aide Search Console, « Rapport sur les problèmes de sécurité », consulté le 19 octobre 2026.